La nécessité de former les professionnel.les de l’enfance
Parce que tous les jours, des situations problématiques se produisent dans les lieux d’accueil d’enfants. Parce qu’on apprend pas aux enfants (et aux adultes) ce qui est acceptable ou non, leurs droits. Parce qu’on ne leur parle pas de leur corps, de leurs émotions. Parce qu’on ne prend pas en compte leur avis, leurs besoins de compréhension.
Tous les jours des adultes ne réagissent pas, réagissent peu, réagissent maladroitement, réagissent mal.
Alors les enfants ne se sentent pas pris en considération, écoutés, respectés, crus… Et ne grandissent pas avec la confiance en l’adulte, en soi.
Il y a tellement à faire : parler du corps, du consentement, de l’intimité, des émotions, des interactions, des stéréotypes, de la prévention des violences…
Alors, il est temps d’agir. Se former, se renseigner, parler, écouter, faire.
Mes formations et conférences dans le secteur de la petite enfance
Pour que le consentement et le respect de l’intimité deviennent des réflexes et entrent dans nos pratiques, nos habitudes, l’idéal est de prendre ce sujet à coeur au plus tôt.
En tant que professionnel.le, s’interroger sur sa pratique, prendre du recul, se questionner, changer d’angle permettent d’accompagner l’enfant au mieux. Pour un respect de son corps, de ses besoins, pour une confiance en soi et en les adultes.
Je vous donne là quelques pistes de réflexion, quelques propositions de thèmes à aborder et creuser ensemble.
Vous pouvez faire appel à mes services pour organiser une intervention interactive et respectueuse autour de ces sujets.
Je partage mon bonheur… sur les réseaux
Partager des photos des enfants, que ce soit les nôtres ou non est devenu un réflexe. Pour montrer notre bonheur, notre fierté…
Mais l’enfant dans tout ça ? Il est au coeur de ces photos mais pas au coeur de la décision…
Est-ce que ce besoin de publier des photos n’est pas simplement égoïste ? L’enfant ne peut pas donner un consentement libre et éclairé, il n’a pas conscience de tout ce qui se joue. En revanche, nous, adultes, pouvons nous interroger sur nos raisons, nos façons de faire et réimaginer nos façons de communiquer sur les enfants. Ainsi que se questionner sur la place des enfants dans les décisions prises les concernant.
Noël et le consentement
A Noël, on remet le sujet du consentement sur la table.
Trop souvent oublié, mis de côté pour passer un moment agréable en famille... On ferme les yeux, on se bouche les oreilles pour être sûr.e de n’embêter personne, pour ne pas vexer tonton ou mamie, pour faire bonne impression…
Mais en 2025, il est temps d'ouvrir la bouche pour autre chose que pour déguster les bons p'tits plats. Alors on vérifie que l’enfant passe un bon moment, on reprend le comportement déplacé, on propose une autre occupation à la personne qui insiste trop, on fait preuve de créativité pour détourner l’attention des invité.es trop présent.es.
Et on mange le dessert pour faire glisser tout ça!
Je veux l’égalité filles-garçons
Vouloir l’égalité filles-garçons c’est vouloir que toutes les personnes bénéficient des mêmes droits, de la même reconnaissance, du même statut peu importe leur genre. Dès la naissance, voir même avant ça, l’enfant est dirigé vers des attentes, des émotions, des comportements selon le genre présumé qui ne permettent pas une liberté d’être totale. L’enfant puis l’ado et enfin l’adulte suit un chemin tracé par la société dont il est plus difficile de se défaire avec le temps. L’égalité fille-garçon est un objectif à long terme car il découle de remises en question sur de nombreux aspects de nos quotidiens. Je vous propose là un petit balayage des bases à poser et questionner.
Les droits de l’enfant
“J’ai le droit de sortir de table ? J’ai le droit d’aller voir mes ami.es ? J’ai le droit de regarder un dessin animé ? J’ai le droit de prendre encore du gâteau ?”
Je vous vois venir quand on parle de droits de l’enfant. Et que vous répondez, les enfants ont surtout des devoirs. Des devoirs pour l’école, le devoir d’écouter les parents, de ne pas faire de bêtises…etc
Les droits de l’enfant, c’est avant tout les devoirs de l’adulte envers l’enfant. Les enfants étant dépendants des adultes, le respect de leurs droits dépend de nous en tant que parent, en tant qu’adulte et en tant que citoyen.ne. Ecouter l’enfant, l’accompagner, le prendre en compte, agir, se positionner, faire sa part. Au quotidien, dans nos pratiques, envers notre entourage et de manière globale au sein de la société.
Les parties intimes
Est-ce que vous avez bien en tête quelles sont les parties intimes ? Toutes ? Et est-ce que votre enfant les connaît ? Histoire d’avoir le même support de connaissances, petit point sur chacune d’entre elles et ce que le respect de celles-ci implique.
Parce que notre enfance en tant qu’adulte est souvent marquée par des souvenirs de moments où nos parties intimes n’étaient pas considérées comme telles. Parce que notre intimité n’a pas toujours été respectée. Et qu’il est temps de rétablir l’ordre des choses maintenant qu’on a accès à ces informations et qu’on est capable de changer nos habitudes. Transmettons l’information aux enfants, respectons leur intimité et agissons auprès de notre entourage quand le respect de celle-ci n’est pas pris en compte.
Santé, consentement, enfant
C’est en voyant une publication de Baptiste Beaulieu que je me suis dit qu’il fallait en parler. Le consentement et la médecine. Sujet complexe. Le statut de médecin confère une autorité. On n’ose pas dire non, refuser un acte, un soin, une habitude. Parce que le.a médecin sait.
Sauf qu’il s’agit de notre corps, et de celui de nos enfants. Et que le consentement prend place dans tous les pans de la société. Les moyens mis en oeuvre pour la santé ne sont pas suffisants pour aider une remise en question, une culture du consentement et une posture à adopter en tant que soignant.e. Alors réfléchissons collectivement à la part que nous pouvons prendre pour respecter le corps et l’avis des enfants, en même temps que nous le faisons pour nous. Osons individuellement et collectivement.
Le consentement, est-ce que ça s’apprend ?
Nous sommes dans une société qui perpétue la culture du viol, la culture de l’inceste. Le tabou, le déni, le manque de considération de l’enfant sont des caractéristiques de ce système.
Alors mettons en place une culture du consentement, changeons nos habitudes, nos façons de faire. Faisons réfléchir notre entourage. Proposons des alternatives. Opposons-nous au manque de respect de la parole de l’enfant.
Anticiper les questions des enfants
Je lui répondrais quand il.elle me demandera. Parce que je ne suis pas à l’aise avec le sujet, je ne sais pas quoi dire, comment le dire. J’ai peur d’être maladroit.e ou d’en dire trop, peur ne pas avoir la réponse.
Alors préparons-nous, anticipons les questions, lisons, renseignons-nous, parlons. Et questionnons les enfants sur leurs connaissances. Cela sauve l’enfant d’informations malveillantes ou erronées.
Tu as un.e amoureux.se ?
Cette phrase entendue systématiquement au sein de l’entourage de l’enfant paraît banale mais ne l’est pas. Un sentiment que les enfants n’ont peut-être pas encore exploré, pas envisagé, pas connu. Une interprétation adulte des sentiments et relations de l’enfant. On refuse que l’enfant entende parler de sexualité mais on lui prête des sentiments et injonctions non adapté.es à son âge.
La binarité du propos aussi est un problème. Estimer systématiquement et en 1ère intention l’orientation affective et sexuelle hétéro. L’enfant grandit dans un monde hétéronormé, proposons lui d’autres schémas, ouvrons ses perspectives.
L’attestation d’honorabilité : une bonne chose MAIS
L’attestation d’honorabilité a été mise en place pour que les professionnel.les de la petite enfance et de l’aide sociale à l’enfance répondent de leur fiabilité.
C’est une bonne nouvelle mais ça veut dire que ce n’était pas le cas avant! Que faisaient ces milliers de personnes auprès de nos enfants ? Et comment être sûr.e qu’il ne reste pas de personnes problématiques dans ces milieux et dans d’autres secteurs liés à la jeunesse ? Les animateur.ices de centres de loisirs, colos, périscolaires. Les enseignant.es et profs. Les intervenant.es d’activités parascolaires…
Est-ce suffisant quand on sait le peu de personnes condamnées par la justice ? Le peu de plaintes déposées ? Le peu d’enfants qui parlent ou sont réellement entendus, aidés ?
Tu préfères ne pas savoir
Le déni des violences. Ca fait partie du process pour se protéger du monde qui nous entoure. Est-ce que c’est ok de passer par là ? Oui, c’est sain. Doit-on rester à ce stade ? Pourrait-on avancer sur le chemin de la reconnaissance des violences subies par les enfants pour les faire diminuer ?
Ce n’est pas en se bouchant les oreilles et en fermant les yeux que les violences s’arrêteront. Ce système de l’inceste, de la violence ne s’arrêtera pas en 2min parce qu’on l’a décidé. Mais c’est en luttant collectivement, en prenant part aux sujets qui le concerne, en se positionnant toujours plus nombreux.ses que le sujet prend plus de place. Parce que les violences sur enfants touchent tous les milieux sociaux, toutes les catégories de population et que le sujet nous concerne tous.tes à divers degrés. Protégeons les enfants. Ayons un impact collectivement.
Le bisou, le câlin et la politesse
Faire un bisou ou un câlin est devenu un geste anodin. C’est une construction sociale liée à la politesse. Mais est-on obligé.es de s’y plier ? Et doit-on contraindre les enfants à l’appliquer ?
Il y a d’autres moyens d’être poli.e sans passer par le rapprochement des corps. Et si on laissait le besoin d’intimité, de pudeur, de choix s’exprimer… Ca s’appelle la liberté je crois. Sans manquer de respect!
Dire les mots, les vrais
Dire les mots scientifiques, les termes officiels aux enfants. Gros mot ? J’en ai d’autres en tête qui peuvent être insultants ou exprimer une bêtise mais ceux-là n’en sont pas. Mot d’adulte ? Les mots compliqués comme pléonasme, métaphore, algorythme…etc sont appris à l’école alors qu’ils ne sont pas dans notre vocabulaire courant.
Les mots ont de l’importance. Utiliser les mots justes c’est donner la possibilité aux enfants de connaître leur corps, de les utiliser en cas de besoin et de les approprier. Qui a manqué de vocabulaire et de connaissances sur son corps à l’enfance et l’adolescence et a découvert sur le tard les noms et fonctions de ses organes ? Toute une génération, voir plusieurs!
Et si on parlait sexualité ? (le “S de EVARS”)
La sexualité, terme tabou. Mais qu’est-ce que ça signifie vraiment ? Est-ce un sujet à aborder avec les enfants ? Les enfants ne sont-ils pas trop jeunes pour en entendre parler ?
Le terme de sexualité englobe plus d’aspects qu’on imagine au premier abord. Le corps, l’utilisation du corps, les sentiments…etc sont autant de sujets à aborder avec les enfants, de manière adaptée à l’âge et au développement des enfants.
L’EVARS est pleine de trésors à enseigner. :)